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Dette américaine et dettes européennes

L’administration Obama met la pression sur le Congrès afin que démocrates et républicains trouvent un accord sur le relèvement du plafond de la dette. La date limite est fixée au 2 août et cette bombe à retardement n’est qu’un jeu de poker menteur qui s’ inscrit dans un agenda électoral puisqu’en 2012 , Barack Obama remettra en jeu son mandat. Dans une Amérique plombée par un chômage chronique et durable ( 9,7% de la population active est sans emploi ), et la tentative de reconstruction d’ une société dont le modèle économique est basé sur l’endettement, la marge de manoeuvre d’Obama est très faible. En effet, avec une dette représentant 85% du PIB mondial – la dette fédérale a doublé en 4 ans de crises – et une dette des ménages avoisinant les 14.000 Milliards de dollars , il veut recupérer 8.000 Milliards en taxant les riches, mais les républicains, avec la montée du Tea Party, veulent revenir à une sorte d’ultra libéralisme à la Reagan. Mais le plus intéressant est de noter que les taux d’intéret n’ont cessé de baisser depuis 3 mois et que les marchés n’ont pas attaqué la dette américaine car ils savent qu’en face il y a une volonté politique et que selon le principe de « don’ t fight against the FED » (ne lutte pas contre la banque centrale des USA), les spéculateurs savent qu’ils seront ruinés avant de mettre à genoux la 1ère puissance mondiale.

Et l’Europe dans tout çà? Pas de volonté politique et pas de solidarité! Cette dernière n’existe même pas dans les traités avec la clause dite de  » non bail-out « . Et pourtant le déficit budgétaire européen est moitié moindre que celui des Etats-Unis, sa dette publique plus faible que celle de l’Oncle Sam et que celle des japonais. Donc pour la zone Euro consolidée il n’y a pas de problèmes! Sauf que les marchés spéculent contre les maillons faibles puisque l’Allemagne a donné son quitus. Cette absence de solidarité est due à un vice de construction: il n’ existe pas de gouvernement économique car l’ Allemagne n’en veut pas et comme le budget est un choix politique nous arrivons au bout du chemin: soit l’Europe continue à acheter du temps et dans ce cas tôt ou tard nous irons dans le mur, sachant par exemple que l’Italie a une dette qui représente 3 fois celle de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande combinées et qu’en cas de faillite de ces pays, l’Allemagne y paiera un lourd tribut en épongeant les dettes de leurs banques qui y ont massivement investi, ou l’Europe se montre solidaire face aux marchés, ce qui aura pour conséquence première de ramener les taux d’intéret à un niveau normal. Demain jeudi est un jour crucial pour l’avenir de l’Europe. Espérons que Mme Merkel se montre raisonnable car personne n’aurait intérêt à un éclatement de la zone Euro…. même pas l’Allemagne!

Amine Cassim

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