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Ach! Nous et les autres

Mini-blog ce mois-ci pour reposer le lecteur après les rapports-fleuves des semaines précédentes. Comme on l’avait annoncé le mois dernier, la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) a publié une étude intitulée Rechtsextremismus in Europa et présentée à son siège berlinois le 27 mai lors du colloque « Die Anderen sind wir ».

Outre des tableaux généraux concernant l’ensemble du continent, l’ouvrage contient des analyses de la situation de l’extrême-droite en Allemagne, en Grèce, en Hongrie, en Italie, en Pologne, au Portugal, en Roumanie et en Ukraine. Le FN n’est pas abordé spécifiquement cette fois-ci, la France ayant fait l’objet d’une publication précédente ; quant à la percée de l’UKIP en Grande-Bretagne, elle est trop récente pour avoir déjà nourri des études approfondies.

Il existe deux versions de cet ouvrage, l’une en allemand, l’autre en anglais. Toutes les deux sont consultables en ligne sur le site de la FES, où elles peuvent également être commandées en version papier.

Le colloque a réuni un certain nombre de personnalités, dont Martin Schulz (SPD/PSE), président du Parlement européen, Cecilia Malmström  (FP/ADLE), Commissaire européenne aux Affaires intérieures, et Barbara John (CDU), médiatrice pour les proches des victimes de la NSU (« Clandestinité national-socialiste »), ainsi que des chercheurs et des politiques. Martin Schulz, également auteur d’une contribution dans la publication de la FES, a prononcé un discours engagé, mais sans grandes surprises, formaté pour sa campagne européenne de 2014. Cecilia Malmström a présenté le travail du Radicalisation Awareness Network (RAN), réseau européen de lutte contre l’extrémisme, dont Harald Weilnböck, coordinateur du RAN-Derad, projet de réintégration pour la jeunesse, a détaillé les aspects concrets. La contribution la plus marquante a été celle de Barbara John, qui a quitté les sentiers battus de la bien-pensance pour rappeler que si l’éducation et l’information sont essentielles, le (néo-) nazisme ne recrute pas uniquement parmi les personnes défavorisées ou sans formation universitaire et que dans l’affaire des meurtres de la NSU, au-delà des nécessaires enquêtes sur le rôle des institutions du Bund ou des Länder, c’est la société allemande dans son ensemble qui doit se poser des questions. L’embarras palpable de l’assistance prouvait qu’elle avait fait mouche. Les interventions du public, axées sur l’action concrète et le travail de terrain, ont néanmoins montré que tout le monde ne reste pas inactif et que nombre de citoyens sont parfaitement conscients du danger que représente l’extrémisme dans l’Allemagne actuelle.

Les autres, ce n’est pas l’enfer, c’est nous, tout simplement.

Emmanuel Faure

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