Soutenez le PS

Adhérez au PS

Mille milliards de dollars.

Titre emprunté au film d’Henri Verneuil, daté de 1982, qui dénonçait déjà les paradis fiscaux, et les pouvoirs exorbitants des multinationales. Au moment où l’Assemblée nationale ouvre le débat sur les paradis fiscaux, Pierre Moscovici, ministre des finances, va devoir s’armer de beaucoup de patience. En effet, la liste de 2009, élaborée par le G20, a été largement vidée de sa substance. Non pas que les pays cités aient changé leur fusil d’épaule – bien au contraire! – ils ont juste amélioré leurs techniques pour recevoir l’argent du monde.

De grands établissements en France, à coups de déclarations fracassantes, ont fait leur coming out, à cette époque, en cédant leur filiales dans les paradis fiscaux, mais en réalité il n’en est rien. Les paradis fiscaux se portent bien, et ce sont près de 60 milliards d’euros qui manquent au Trésor public chaque année. Un petit encart paru dans le Canard Enchainé, il y a 3 semaines, aurait dû attirer l’attention de nos élus qui s’occupent de ce dossier.

Que dit il? Il semblerait que l’Etat français soit un  » exilé fiscal  » lui même, car certaines sociétés dont il est actionnaire, ont créé des holdings, notamment aux Pays Bas. Le journal  » Het Financieele Dagblad « , quotidien économique néerlandais, a recensé ainsi  » 19 groupes français réalisant plus de 2 milliards de chiffre d’affaires dont l’Etat est actionnaire, soit directement, soit au travers d’une de ses émanations « .

La belle affaire! En tête du palmarès  » EDF, dont 85% des actions sont entre les mains de l’Etat, la CNP Assurances ( 40% via la Caisse des dépôts ), GDF Suez ( 37% à l’Etat ), Thalès ( 25% ), EADS ( 15% ), France Télécom ( 27% à l’Etat et au fonds stratégique d’investissement ). Sans compter le secteur privé comme la Société Générale, Technip, Vivendi, etc…

Il faut savoir que nous sommes seuls sur ce dossier ( avec les Allemands, mais ils ne sont pas très motivés ), car les Américains et les Anglais ont quitté la table des négociations. Corriger les dérives du capitalisme fait partie du discours d’apparence, car sans les Anglo-Saxons, les lois votées dans ce domaine, comme dans celui de la réforme bancaire d’ailleurs, ne serviront à rien….sauf à délocaliser les banques à Londres ou à New-York. L’Angleterre et les Etats-Unis – qui ont déjà annoncé qu’ils n’appliqueront pas Bâle 3 – ont fait le choix de l’emploi, et de la croissance à tout prix, coûte que coûte, et donc il n’est pas question de changer de système en plein milieu d’une récession.

La naiveté des européens sera toujours étonnante, pour ne pas dire affligeante!

Amine Cassim

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.