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Le fric, c’est chic!

Une seule phrase de Mario Draghi, l’été dernier, a permis aux marchés européens de gagner en moyenne plus de 20% en 2012. Il lui a juste fallu dire que  » l’euro est irréversible « , et boum, on a assisté à un afflux de liquidités qui a inondé toute la sphère financière. Par contagion, a t-on vu aussi cette masse s’investir dans l’économie réelle? Bien sûr que non! D’ailleurs pourquoi s’enquiquiner la vie à prendre des risques, alors que les marchés, avec la bénédiction des banques centrales, des algorythmes…et des politiques, garantissent à la spéculation un retour sur bénéfice rapide et non taxable, puisque 90% des transactions se font off-shore!

Rigolade dans les salles de marchés, après l’annonce d’une nouvelle taxe sur les transactions financières, puisqu’elle ne concerne que les petits trades, faits par les particuliers, le plus gros des échanges se faisant à Jersey, l’Isle de Man, ou les Turks and Caicos.

Pourtant rien n’incite à l’optimisme, alors que de plus en plus d’économistes font l’hypothèse d’une récession en Europe. A Davos, le week-end dernier, il n’était question pour personne de voir la demande mondiale compenser la faiblesse interne des économies européennes. Nouriel Roubini – Mr Doom and Gloom -, qui avait anticipé avec beaucoup de culot la crise de 2007, prévoit  » une année de croissance médiocre avec la possibilité d’une contraction pure et simple dans certains pays « .

La prochaine bulle sera celle des actifs financiers, qui a bénéficié de mesures non conventionnelles de toutes les banques centrales. A ce jeu dangereux, la banque italienne Monte dei Paschi s’y est brûlé les doigts, et dès la semaine dernière, son président, Alessandro Profumo, a avoué avoir camouflé 820 millions de pertes sur les dérivés, dont les contreparties sont la Deutsche Bank et Nomura. La BCE, avec la banque centrale d’Italie, va mettre une nouvelle fois au pot, et il faut espérer qu’il n y’ait pas de contagion aux autres banques européennes.

Ambiance délirante face à des populations qui souffrent de la crise économique, pendant que d’autres jouent au casino avec l’argent du contribuable, alors que cette manne pourrait être affectée à d’autres secteurs d’activités. Tout cela va très mal se terminer, et le pire est que tout le monde le sait, mais tant que çà gagne – pour les 1% – personne ne veut arrêter le jeu!

Amine Cassim

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