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Vous avez dit  » nationalisations  » ?

On peut saluer les coups de gueule d’Arnaud Montebourg, on peut être rassuré par son volontarisme politique, avec cette idée que l’Etat peut beaucoup – contrairement à ce qu’avait assumé Lionel Jospin en 1997 – qu’il n y a pas de fatalité aux fermetures d’usines, on peut aussi être dans le registre de l’émotionnel, et être touché par les larmes d’Edouard Martin, qui crie à la trahison après la volte-face du gouvernement sur le dossier Florange. Tout cela nous touche, à juste titre, car il s’agit de milliers d’hommes et de femmes qui ont donné leurs vies à l’usine, et qui, dans un avenir proche, pourraient perdre leurs emplois.

Et pourtant, il y a aussi l’autre versant, celui de la mondialisation, où les frontières n’existent plus, où les industriels gèrent leurs actifs comme un portefeuille boursier, où les investisseurs demandent 15% de retour sur investissement – ce qui implique des licenciements bruts et violents – où, dans le cas de Florange, face à une demande d’acier en baisse de 25% en Europe, en raison de la crise économique, des difficultés de l’industrie automobile, Arcelor Mittal doit ajuster ses capacités de production et face à Dunkerque ou Fos qui ont accès à la mer, le site de Lorraine n’est plus rentable.

Six Français sur dix sont favorables à la nationalisation, mais est-ce suffisant pour aller dans ce sens? Quels signes donnerions nous alors au reste du monde qui pourrait ne plus investir en France, de peur d’être un jour montré du doigt? Et si cette idée, que l’Etat peut faire preuve de volontarisme, faisait pschitt, face à la réalité – la violence même – du monde dans lequel nous vivons, nos compatriotes ne seraient-ils pas tentés alors par les extrémistes de tout bord, qui proposent des solutions simples et démagogiques, et qui se heurteront aussi aux murs des réalités?

On pourrait se réfugier derrière la Constitution, qui dit que  » tout bien, ou toute entreprise, qui a, ou qui acquiert le caractère d’un service public ou d’un monopole de fait doit devenir la propriété de l’Etat.  » La seule question qui vaille est  » y’a-t-il une nécessité sociale ou économique  » sur Florange, tout en prenant en compte des effets pervers – cela pourrait créer des appels d’air, et l’Etat n’a pas vocation à fabriquer des soutiens-gorges ( Lejaby ), ou de l’électro-ménager ( Moulinex ) – !

Pour ma part, je ne sais plus quoi penser!

Amine Cassim

Un commentaire

  1. par Julien - 7 décembre 2012 à 11 h 21 min

    La France n’a pas vocation à se comporter comme le reste du monde. Franchement, je salue Montebourg. Pas forcément pour ce qu’il a accompli (qu’a-t-il accompli? que lui a-t-on laisse faire, surtout?) mais surtout pour le message qu’il a voulu faire passer et qu’en ces temps de crise, peu de politiques osent exprimer. Oui, la politique peut faire des choses. Oui, la politique a le pouvoir (au sens premier du terme) de faire plier, si elle le souhaite.
    Et non, ce n’est pas « plus compliqué que ça ».
    A ce sujet, je recommande la lecture de l’excellent « Storytelling » de Christian Salmon et de « La Dissociété » de Jacques Généreux. Ces livres expliquent avec maestria les barrières mentales que nous nous sommes auto-créées pour combattre toute ambition de volontarisme face au marché et d’optimisme politique.
    Quelquefois, la politique, c’est aussi (surtout?) une question d’image que l’on renvoie. De miroir face au monde.
    L’image que nous renvoyons depuis quelques semaines laisse penser qu’un gouvernement socialiste ne vaut, au final, pas mieux qu’un autre. Il n’y a rien de pire, politiquement parlant, que des espoirs déçus.

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