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 » La nécessité, dans son principe, d’un plan de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs n’est malheureusement pas contestable », a jugé Emmanuel Sartorius. Peugeot, qui a fait beaucoup de bruit durant tout l’été, grâce à notre ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, va finalement avoir raison sur le dossier des licenciements, puisque le rapport d’expertise mandaté par le gouvernement a confirmé la grande fragilité du groupe, et surtout validé la fermeture de son usine d’Aulnay-sous Bois, tout en pointant la mauvaise gestion de la famille Peugeot!

L’annonce de ces licenciements avait provoqué un choc immense, et le gouvernement avait souligné le manque de patriotisme des dirigeants du groupe,  en ces temps difficiles, sur un ton assez désagréable, voire outrancier. Toute cette rhétorique avait un but politique, mais sans doute aurait-il fallu d’abord commander l’audit, et après commenter la situation! Le problème est que Peugeot fut justement trop patriotique – Jean-Martin Foltz, l’ancien président du groupe, avait réclamé la fermeture d’Aulnay en l’an 2000, ce qu’avait refusé la famille Peugeot! -, puisqu’une voiture sur deux est encore produite en France, alors que Renault, ou l’Etat est actionnaire, a délocalisé depuis 15 ans, à marche forcée, et seulement 25% de ces voitures sont produites dans l’hexagone! Sans compter la perte du marché iranien – pour cause d’embargo! – qui representait dix pour cent de son chiffre d’affaires.

La famille Peugeot a aussi sa part de responsabilité dans ce naufrage, puisqu’elle n’a pas investi dans de nouveaux produits, ou dans la modernisation de l’appareil productif, et qu’elle s’est versée des dividendes élevés. Sur ce dernier point, il faudrait relativiser car le groupe a réalisé près de 40Mds d’investissements, dont les deux tiers en France, et pour 1e de dividendes versés, il y’a eu 6e d’investis!

Mais ce qui lui a fait le plus grand tort, c’est son refus de s’allier avec un autre constructeur, car elle voulait être seule maître à bord. Le groupe, qui perd 200 millions d’euros par mois, a décidé de prendre le taureau par les cornes ( plus d’innovations, plus de marketing…), et l’Etat pourrait l’y aider en améliorant les conditions de production dans notre pays, et en favorisant la flexibilité du marché du travail. Visiblement, Francois Hollande l’a compris, puisqu’il l’a évoqué dimanche soir à la télévision. Sans doute avons nous là le début d’une  » présidence à la Schroeder « , avec des réformes douloureuses, mais necessaires, pour faire de notre pays un partenaire crédible de l’Allemagne!

Amine Cassim

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