Soutenez le PS

Adhérez au PS

Un hussard au redressement productif.

Arnaud Montebourg fut hué par une partie du Medef vendredi, alors que près de 10 ministres sont venus expliquer le sens de l’action gouvernementale devant les membres du patronat. Certes, le ministre du redressement productif, et non  » punitif « , comme le décrivent ses détracteurs, a fait quelques erreurs de communication, notamment sur Peugeot, durant l’été, mais pourrait-on l’attribuer à un emballement, ou à une faute de débutant?

Depuis Mr Montebourg, qui apprend vite, s’est ressaisi, et il est venu recréer du lien avec les entreprises. Ce patriote – nouvelle valeur du quinquennat – a affirmé haut et fort que l’entrepreneuriat doit être la locomotive du pays, et la tâche n’est pas aisée, car il va devoir tracer un sillon entre les syndicats et les entreprises, et comme d’habitude dans notre pays, on retombe toujours dans des oppositions  » débiles « , à savoir que les salariés n’auraient pas les mêmes intérêts que les patrons et vice versa!

Cette partition, qu’on doit jouer tous ensemble, a commencé avec la conférence sociale cet été, et la réunion avec le Medef est en le pendant, donc il n’y a pas à être choqué, comme Jean-Luc Mélenchon, que le gouvernement rencontre le patronat. D’ailleurs, cette question ne se pose pas en Allemagne, en Italie ou au Royaume Uni…mais sans doute au Venezuela!

Arnaud Montebourg doit jouer sur deux tableaux: dans le secteur productif, les entreprises ont perdu en compétitivité par manque de marges, et donc elles ont fait un travail d’innovation très insuffisant, et dans le secteur non productif nous avons perdu en l’espace de 15 ans, un tiers des 30 glorieuses en terme de réindustrialisation du pays! Nous avons 3 millions d’entreprises ( 400 grands groupes, 400.000 entreprises, et 2,5 millions de petites entreprises ) et à la veille d’une rupture violente, on a besoin d’un dialogue stratégique avec une vision pour les 10 années à venir, sachant qu’il faut 2% de croissance pour que l’économie reparte ( nous sommes à moins de 1% depuis 10 ans ).

Les coûts de production ne sont pas le problème car ils sont comparables à ceux des allemands, mais pour le même prix on fabrique une Mercedes Outre-Rhin, tandis qu’on fait une Scénic à Flins! Donc le problème fondamental, c’est de reconstruire notre appareil de production, avec un dialogue social qui sera au coeur du renouveau économique. Arnaud Montebourg, avec ses collègues du gouvernement, a une lourde tâche pour les 5 prochaines années, et  » sa mission  » comme il le dit lui même,  » c’est la reconquête industrielle », et son volontarisme, sa disponibilité devraient y aider.

Amine Cassim

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.