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Le serment de BHL.

 » Le serment de Tobrouk « , titre inspiré du  » serment de Koufra « , là où le 2 mars 1941, le colonel Leclerc avait repris aux italiens l’oasis de Koufra au Sud de la Libye. Bernard Henri Levy a signé un documentaire très intéressant, qui fera date dans l’histoire, même si le succès commercial n’est pas au rendez-vous!

Les critiques furent assassines, comme d’habitude serait-on tenté de dire, et les professionels de la pensée unique l’ont accusé de se mettre en scène tout au long du documentaire, d’être à soi même son propre chef d’oeuvre. Rien que çà!

Que reproche t-on à cet homme? Sa fortune, son côté people, ses costumes sur mesure, et ses chemises blanches signées Charvet?

Pourquoi a t-il autant d’adversaires et suscite t-il autant de detestations, même s’il n’est pas un écrivain maudit?

Sans doute un peu tout cela à la fois! C’est sûr, il vaut mieux rester tranquillement chez soi, philosopher avec ses semblables et s’indigner devant son poste de television.

Voîlà un homme qui voue une admiration pour la 2ème Division blindée, pour la France Libre – c’est cette névrose qui le mène -, et qui considère, en bon élève de Levinas, que la philosophie moderne c’est agir et qu’elle ne vaut que quand elle est action. Plus de laisser aller non plus après Auschwitz, et la découverte des camps soviétiques! Bernard-Henri Levy a un appétit pour l’interventionnisme, pour le droit d’ingérence, hanté par le souvenir des abandonnés de Bosnie, des  » écrabouillés  » du Darfour, et des Bangladeshis massacrés en masse au début des anneés 80. Il pense que  » dans une séquence de notre vie, on peut être témoin d’événement et que le devoir est de transmettre, de déclassifier tout de suite « , et il aime reprendre à son compte le bon mot de Cocteau qui disait  » être dévisagé plutôt qu’être envisagé « .

Et puis il a cet appétit pour la vie ( ou les vies ) qui lui a permis de toujours monter au front, de l’Afghanistan ( rencontre avec le commandant Massoud ) en passant par la Bosnie, d’où il a tiré un film, Bosnia, et dont les maitres documentaristes furent ceux de l’Underground américain des années 60-70, comme Jonas Mekas ou même Raymond Depardon.

Certes, on lui reproche d’avoir court-circuité le Quai d’Orsay, en affrétant par ses propres moyens, un avion pour amener Abdel Jalil, membre de la CNT, à l’Elysée. Peut-on imaginer un instant qu’en passant par les canaux diplomatiques normaux, on aurait eu la même rapidité d’intervention? A t-on fait quelque chose pour le Rwanda, pour la Bosnie, pour le Darfour? Bien sûr que non, et c’est l’honneur d’un homme d’avoir marché dans les pas de Walter Benjamin qui disait qu’  » il y’a des moments dans l’histoire où celle-ci devient folle et où il faut appuyer très vite sur les freins de l’histoire.. ». Donc pas le temps de passer par le Quai d’Orsay!

Enfin, il y’a dans ce documentaire, en filigramme, le souvenir de son père, qui avait foulé les mêmes sables de Libye, faisant partie de la France libre, brancardier à Monte Cassino, un père souverain, qui se laissa dépasser par son fils.
Il reste aussi sa judéite, un judaisme de la singularité, avec un rapport à certains textes, le Talmud ou ces grands commentateurs, qui donne un éclairage sur le Monde.  » Etre libre, c’est s’extraire de tout ce qui peut vous alourdir, de tout ce qui vous enracine…, s’affranchir de la race, des origines.. « .

N’en déplaise à la presse française, aux chapelles provinciales qui ne sont que des commentateurs du petit monde!

Amine Cassim

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