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Don’t cry for me Europe.

On pourrait très bien parodier la chanson  » don’t cry for me Argentina  » et l’adapter à la situation européenne, vu l’état de dégradation des économies du vieux continent. L’exemple argentin est à mon avis intéressant à plus d’un titre. Ce pays, en faillite au début des années 2000, a ressuscité, c’est le moins que l’on puisse dire, grâce à Roberto Lavagna, ministre de l’économie en 2002, et artisan du redressement du pays. Le peso était dévalué de 70%, la dette privée s’élevait à 100Mds de dollars et l’inflation tournait autour des 150%.

Comment a t-il sauvé le pays? Tout simplement en mettant le FMI dehors, et en  » sauvant les gens plutôt que les banques « ! Il a décidé d’arrêter de soutenir les banques, alors que le FMI le lui imposait, considérant que le contrat d »ajustement fiscal ( baisse des salaires, des retraites, des pensions etc…) était profondément injuste puisqu’on sacrifait la vie de la population pour satisfaire les créanciers, et accessoirement les rembourser.La premiere chose qui a été décidée fut de  » rallonger les échéances pour les propriétaires endettés « , insuflant ainsi plus de pouvoir d’achat pour une relance de la croissance. il est vrai que le boom des matières premières a considérablement aidé aussi le pays à se sortir de la crise.

En Europe, l’Espagne de Mr Rajoy est sous pression mais il refuse l’aide européenne. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il ne veut pas rentrer dans le piège allemand, à savoir une mise sous tutelle européenne. Le pays est solvable ( il n’a rien à voir avec la Grèce ), et c’est pour cela qu’il demande une aide pour les banques mais pas pour l’Etat!

il y’ a un bras de fer qui se joue entre la BCE ( avec l’Allemagne et le FMI ) et les autres pays européens. Un jeu de poker très dangereux, car la BCE et ses amis veulent renforcer ses pouvoirs, et en même temps peser sur la manière dont on va configurer le futur de l’Europe. Mario Draghi ne veut pas intervenir en Espagne, car il souhaite que le pays demande de l’aide de lui même, une manière de le faire rentrer dans le programme d’assistance européen, avec à la clé, une sorte de fédéralisme où on aurait une gouvernance dite punitive, c’est à dire un contrôle très strict de ce que font les Etats.

Pierre Moscovici, ministre des finances, dans sa première intervention cette semaine, a dit respecter le choix des espagnols, et a plaidé pour l’autre fédéralisme, ou le peuple élit des représentants qui prennent des décisions au nom de l’Europe…avec bien sûr l’arrière pensée qu’après l’Espagne, la France a de fortes chances d’être dans le collimateur de Bruxelles!

La partie de poker ne fait que commencer, et l’été sera chaud…très chaud!

Amine Cassim

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