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Repenser la pauvreté.

Mettre un peu de coté la crise, et repenser le monde, ou plutôt  » repenser la pauvreté  » à travers le livre d’Esther Duflo et d’Abhijit V. Banerjee. Les deux auteurs , professeurs au MIT, cherchent à demontrer que la pauvreté n’est pas uniquement liée au manque de nourriture, mais aussi au manque d’information, qui a un impact sur l’éducation, ou l’anticipation du futur. En effet, l’autre caracteristique de la pauvreté  » c’est la procastination, c’est à dire la tendance à remettre les choses aux lendemains. Quand on est riche ou pauvre, on a une vision différente du présent et du futur.  »

Repenser la pauvreté, c’est aussi revenir sur des idées pré-conçues, comme le rejet du paternalisme, alors que les auteurs se disent favorables à une réintroduction de l’interventionnisme dans les sociétés.  » L’idée que l’environnement détermine un certain nombre de choix (..) et donc autant que celui-ci fasse les choix les meilleurs pour les plus pauvres, qu’il y’ait des voies qui orientent les gens sur ce qu’il faut faire.  »

L’exemple de la vaccination en Inde est à cet égard édifiant. Puisqu’il n’y a pas de centres médicaux tels que nous le concevons en Occident, et puisque le tiers de la population est analphabète et donc n’a pas l’information sur ce que veut dire vacciner un enfant, on encourage la population à le faire en leur offrant 1kilo de riz ou de lentilles ( alimentation de base ). Le résultat est simple à constater: s’il n’y a pas d’incitation, 6% de la population se fait vacciner, avec une campagne d’information, le chiffre monte à 17% et si on donne un sac de riz, on arrive à 38%!

Esther Duflo, très connue aux Etat-Unis, malheureusement ignorée en France, dénonce aussi les trois i, idéologie, inertie et ignorance, et égratigne par la même occasion l’Onu, l’Usaid ou l’AFD ( agence française de développement ), qui sont des nébuleuses mêlant parfois intérêts privés et publics! Elle voudrait changer la perspective de l’aide car  » quantitativement, l’aide exterieure ne représente pas grand chose dans la lutte contre la pauvreté. Le meilleur usage serait de s’en servir pour experimenter de nouvelles politiques, à fort potentiel mais un peu risquées, sur une petite échelle et de manière rigoureuse. (..) l’aide pourrait jouer le rôle que le capital risque joue dans les affaires.  »

Il reste la dédicace faite aux mères des auteurs, médecin et économiste, militantes feministes. Regard bienveillant porté aussi aux autres femmes, dans les pays pauvres,  » moins corrompues, investissant davantage dans les biens publics.  » Esther Duflo se dit par ailleurs favorable aux quotas puisque  » les gens sont figés dans leurs préjugés! « . De l’oxygène dans cet environnement pollué.

Amine Cassim

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