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Fractures françaises.

Oui, nous avons gagné les élections présidentielles. Oui, à priori les Français devraient nous donner une majorité à l’Assemblée nationale le 17 juin de manière à mettre en oeuvre notre programme, et donc tout va bien! Nicolas Sarkozy a quitté le pouvoir, l’anti sarkozysme n’a plus lieu d’être, et nous devons maintenant travailler à convaincre nos compatriotes qui ont été tentés par le vote Front National.

Un livre, « Fractures françaises » de Christophe Guilluy, géographe, proche de Jean-Pierre Chevènement, publié en 2010, peut nous y aider. Livre essentiel, presqu’une carte électorale qui décrit très bien les aspirations des Français.

Ce livre démontre que les classes populaires qui  » pendant la révolution industrielle habitaient là où se créait la richesse, c’est à dire au coeur de la ville, ont été chassées vers la grande périphérie, à cause de la hausse du prix du foncier entre autres » (…). C’est sur ces territoires que la critique de la mondialisation est la plus forte et ceux là ont voté majoritairement non au référendum européen « . Cette France, invisible selon l’auteur, cette France des périphéries, représente 60% de la population et ce qui la définit c’est qu’elle se sent  » menacée de déclassement, c’est son incapacité à ériger des frontières symboliques avec un monde qu’elle juge menaçant « .

Si cette population a besoin d’un Etat providence fort, si elle est attachée aux services publics, alors pourquoi ne s’est-elle pas naturellement tournée vers notre candidat dès le 1er tour, même si elle fut au rendez-vous le 6 mai? La réponse de Christophe Guilluy, dans Libération, est cinglante.  » Sur ces questions culturelles et identitaires, la gauche tient un discours peu clair. Car elle a la trouille de dire les choses. Je pense qu’on vit désormais dans une société multiculturelle sans oser le dire. Pour la première fois dans notre histoire, dans certains espaces, se pose la question d’appartenir à une majorité ou à une minorité relative. C’est ce que révèle l’épisode sur la viande halal : au-delà la question de l’étiquetage, le sentiment diffus de pouvoir devenir, sans le savoir, minoritaire, est très présent. (…). C’est compliqué pour Francois Hollande car il ne faut pas désespérer «Boboland», c’est-à-dire ces classes intellectuelles et supérieures qui vivent en centre-ville, profitent des bienfaits de la mondialisation et votent en majorité pour la gauche. Je dis cela sans mépris. C’est une réalité sociologique importante pour la gauche. Il est difficile de tenir un discours pour cette France des centres-ville et celle rejetée à la périphérie. Un exemple : le protectionnisme européen. François Hollande avait la possibilité de reprendre à son compte les thèses qu’Arnaud Montebourg avait développées pendant la primaire. »

Passer la joie de la victoire, il faut très vite nous remettre au travail, pour entendre, écouter, ce que les Français ont à nous dire, répondre à leurs attentes, histoire de ne plus avoir la peur au ventre à la veille des présidentielles, s’inquiéter d’un autre 21 avril, à l’endroit, ou à l’envers d’ailleurs!

Amine Cassim

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