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Le modèle allemand.

Depuis près de 40 ans, en France, les professeurs d’économie, les hommes politiques, les journalistes, les syndicats ne jurent que par le modèle allemand, synonyme d’excellence des produits fabriqués, et de succès économiques. Mais que revêt ce modèle qui sonne presque comme une incantation?

Après la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne est détruite et ruinée, et le Reishmark de la République de Weimar fut un désastre et a entrainé une hyper-inflation. Ludwig Erhard, qui fut ministre de l’économie de 1949 à 1963, puis chancelier de 1963 à 1966, décide que le pays doit se relever et il crée une nouvelle monnaie qui s’appelle le Deutsche Mark. Ce changement de monnaie va être très douloureux car les allemands verront leurs économies divisées par 10! Donc on peut déjà comprendre leurs réticences aujourd’hui à printer de la monnaie pour sauver les pays du sud, car aux vues de leurs histoires personnelles, planche à billets = inflation = destruction de valeur: c’est ainsi que la stabilité monétaire est devenue l’alpha et l’oméga de leurs politiques.

Le bas de laine des allemands ayant fondu avec la création du Deutsche Mark, la consommation fut amputée, et pour relancer l’économie, Mr Erhard a du miser sur les entrepreneurs et le développement de l’appareil de production. Et cette politique a vite payé car dès le début des années 60, le pays repart grâce à une monnaie forte et à une vision à long terme des investissements productifs. Et pour palier aux effets négatifs d’une monnaie forte, les entreprises d’Outre-Rhin vont miser sur la qualité de leurs produits, à forte valeur ajoutée, et vont chercher des débouchés à l’extérieur.

Par ailleurs, la société allemande, qui est fondée sur le droit de propriété et l’exigence de l’intérêt collectif, met en avant les droits et les devoirs de chacun. C’est ainsi que les entreprises allemandes partagent les fruits de sa réussite avec ses employés. Côté syndicats, le dialogue social est permanent et il est assis sur le consensus, car l’entreprise n’est pas vue comme un lieu de confrontation. Cette vision très gaulliste au final a permis à Porche, par exemple, de verser une prime de 7500e à chacun de ses employés. Et c’est sans compter la cogestion, ou dans les grandes entreprises les salaries détiennent un tiers des sièges du conseil de surveillance.

Ce modèle semble donc particulièrement équilibré puisqu’il prend en compte l’intérêt des classes dirigeantes et populaires, mais il y’a eu une rupture sous l’ère Shroeder. Nous y viendrons dans un prochain billet.

Amine Cassim

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