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L’Allemagne, c’est maintenant!

« L’Allemagne n’est pas là pour financer les promesses électorales des socialistes, a lancé plus brutalement son lieutenant, le ministre de l’Écologie et vice-président de la CDU, Norbert Röttgen. Le gouvernement fédéral défend clairement la poursuite de la politique de discipline budgétaire. ». Voilà une belle entrée en matière avant la réunion du 16 mai entre la chancelière Angela Merkel et François Hollande.

Paul Krugman, prix nobel d’économie, dans une tribune du New York Times, moque les adversaires européens de François Hollande qui le decrivaient comme une  » menace  » parce qu’il  » croyait au besoin de créer une société plus juste  » , et en conclut que les populations sont bien plus sages que leurs élites. Affronter les Allemands pour l’auteur cela  » signifie que l’euro et le projet européen ont désormais de meilleures chances de survie « .

Nous l’écrivons régulièrement dans ces colonnes depuis 18 mois, nous ne ferons pas l’impasse sur une confrontation dure, très dure, avec Angela Merkel et ses alliés! L’extrême droite progresse partout en Europe, et cela n’a pas l’air d’émouvoir outre mesure les allemands. L’élection de François Hollande lui donne les coudées franches pour affronter le dogme allemand et il en est plus que temps. L’effondrement politique en Grèce menace l’Europe et l’Euro et on peut se demander si les marchés ne sont pas en train d’acter la sortie du pays de la zone euro avec la bénédiction de l’Allemagne!

L’austérité généralisée n’a rien résolu, et au contraire, a fragilisé davantage les pays dits faibles, et la crise, qui était déjà financière et économique, deviendra aussi morale à terme. De deux choses l’une, soit Mme Merkel accepte d’ajouter à côté du pacte budgétaire un pacte de croissance qui donnerait de l’oxygène aux économies du sud, c’est à dire aux populations grecques, espagnoles, portugaises, italiennes – soit 120 millions de personnes – qui sont exsangues après la purge sur les retraites, les salaires…, ou l’Allemagne décidera de sortir de la zone euro, considérant qu’elle ne peut payer pour tout le monde. Enfin il reste une autre possibilité – celle à laquelle je souscris – c’est la scission en deux de l’Europe, avec au nord une  » zone euro-mark  » comprenant l’Allemagne, les pays scandinaves, les Pays-Bas et l’Autriche et une  » zone euro-franc  » avec la France et les pays du Sud.

Le scénario décrit ci-dessus donne de la fièvre à toutes les chancelleries mais il reste une note optimiste – la dernière sans doute – et c’est Daniel Cohn Bendit qui l’a énoncé. Le député européen pense qu’il est  » possible que l’élection de Mr Hollande soit une chance pour la chancelière car çà lui donnera un prétexte pour corriger en douceur sa politique  » et qu’elle pourrait même la  » social démocratiser  » en vue de la coalition à venir avec le SPD lors des élections générales de 2013.

Il vaudrait mieux que notre Dany ait raison car le coût de la sortie de la Grèce de la zone euro a été pricée par le FMI: 1000 milliards d’euros! Et derrière, il y’aura un effet domino alors que le Portugal et l’Espagne devraient frapper à la porte du FMI avant l’été. Voilà tout l’enjeu de cette confrontation!

Amine Cassim

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