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La crise de la dette et le vote extrême.

Dimanche soir, pour la deuxième fois dans l’histoire de la 5ème République, un candidat de gauche est arrivé en tête du premier tour. Belle surprise donc mais occultée par la forte progression de Marine Le Pen qui a atteint près de 19% alors que Jean-Luc Mélenchon n’a atteint que 11% des voix! Si on compare ce premier round à celui de 2002 ou le Front National avait déjà crée la surprise, ce dernier avait recueilli 19% (Jean Marie Le Pen + Bruno Megret ) contre 18% aujourd’hui, alors qu’à la gauche du parti socialiste on était à 14% contre 12%. Et si nous rajoutons les indécis, un tiers des français s’inscrivent dans un bloc de contestation.

Et là qu’entendons nous? Des cris d’orfraie, des indignations à la petite semaine – maintenant on s’indigne pour tout et rien – et pourtant il suffit de regarder la situation économique pour y trouver des réponses. En effet, la crise de la dette, la peur du déclassement, le déni de réalités des politiques, ont rendu nos compatriotes frileux, tendus par la peur. Et pour couronner le tout, la crise économique dans la zone euro a refait surface depuis 10 jours avec la possibilité d’un effondrement de l’Espagne, ce qui alimente à nouveau les spéculations sur une chute de l’Europe. Certains se rassurent en estimant que ce vote pour les extrêmes est un vote protestataire mais il est temps de comprendre que cela n’est plus, que c’est un vote d’adhésion qui attire en majorité les ouvriers ( avec les artisans et les commerçants ) et dont le marqueur combine les thèmes d’immigration, de sécurité et de pouvoir d’achat. Depuis 2002, nous trainons ce cocktail toxique qui n’a pas été traité par la droite alors que Jacques Chirac, élu avec 82% des voix, avait toutes les latitudes et légitimités pour mettre en oeuvre une politique audacieuse , mais il a préféré s’enfermer à l’Elysée! Et depuis 2007, le président sortant a estimé qu’il suffisait de siphonner les voix du FN pour faire disparaitre les problèmes…

Si nous gagnons dimanche 6 mai, il nous faudra refuser la politique d’austérité menée par les pays du sud – avec le succès que l’on connaît! – qui a un effet dépressif sur l’économie, et  » s’allier  » avec l’Espagne, l’Italie et le Portugal, dont le PIB représente 60% du total européen pour aller convaincre la chancelière allemande qu’il faut inclure un pacte de croissance dans le traité signé au mois de décembre dernier avec une mutualisation des dettes, ce qui ramènerait le niveau d’endettement des pays européens à une moyenne raisonnable même s’il restera élevé! Un consensus européen – sauf en Allemagne – est en train de naître alors que le gouvernement des Pays Bas a chuté sur le rejet de la politique d’austérité, eux qui était si prompt à donner des leçons de vertus au reste de l’Europe! Il faut faire face à l’événement révélateur – la droite au pouvoir ne l’a pas fait en 2002! – avec ce que définit Michel Onfray comme une éthique de conviction responsable. L’impopularité d’un jour peut être en effet l’estime de demain.

Amine Cassim

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