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L’eau, source de vie.

Le sixième Forum mondial de l’eau s’est déroulé à Marseille au mois de mars dernier dans l’indifférence la plus totale. Aucun politique ne s’y est intéressé, ni aucun média d’ailleurs, alors que selon les dires de Loic Fauchon, président du Conseil Mondial de l’Eau, ce dossier est  » la lèpre des temps modernes  » ! En cette période électorale, il s’est aussi étonné du peu d’écho fait à cette problématique puisqu’  » il en va de l’eau comme des libertés : à quoi sert le droit de vote si l’on n’a pas le droit de vivre. Et le droit de vivre c’est d’abord le droit à l’accès à l’eau  » !

On ne le redira jamais assez dans ces colonnes, l’eau est un bien commun de l’humanité et ce n’est pas la quantité d’eau qui pose problème, mais c’est l’eau potable qui manque, alors que 70% de l’eau douce est de l’eau potable…qui est polluée!

En attendant, ce sont les africains qui se mobilisent puisque lors du Forum de Marseille,  ils ont approuvé ce texte:

 » – Considérant les pressions toujours accrues des multinationales sur les ressources en eau en Afrique,

– Considérant la privatisation des régies publiques et des sociétés de distribution d’eau en Afrique,

– Considérant les multiples atteintes aux droits des peuples africains à l’accès à l’eau potable,

– Considérant les luttes menées notamment au Maroc, au Ghana, au Kenya pour la défense du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement par les mouvements sociaux et les syndicats,

– Considérant les conséquences des diverses pollutions des ressources en eau en Afrique après un siècle d’extractivisme et d’exploitation minière anarchique sur le continent,

– Considérant la virulente attaque du capitalisme mondialisé contre les terres et les ressources en eau partout en Afrique qui constitue une véritable recolonisation du continent,

– Considérant les luttes des paysans africains contre l’accaparement des terres, des forêts, et des ressources en eau (cas symbolique de Ben S’mim au Maroc),

– Considérant les souffrances des femmes et des jeunes filles africaines pour assurer à leurs familles l’accès à une eau saine,

– Considérant les dommages causés par les barrages existant sur les fleuves Nil, Congo et autres fleuves africains,

Vues les victoires éclatantes des mobilisations populaires des peuples au Maghreb pour la démocratie et l’accès à l’eau pour tous,

Nous saluons la reconnaissance par les Nations Unies du droit à l’eau comme un droit universel.

Nous appelons à ce que :

– Le droit à l’eau soit reconnu dans la charte africaine des droits humains,

– Des politiques publiques soient développées pour éviter que les têtes des femmes et des enfants ne servent de tuyaux d’adduction d’eau.

Nous exigeons :

– La fin des privatisations des régies publiques et des sociétés de distribution d’eau en Afrique,

– La reconnaissance de la dette écologique due par les multinationales après des siècles d’exploitation des ressources minières en Afrique,

– La participation des usagers, de la société civile et particulièrement des femmes dans la gestion des ressources en eau en Afrique,

– La fin des prêts de la Banque mondiale et des banques de développement pour les projets d’adduction d’eau en Afrique et l’augmentation des aides publiques sans conditionnalités pour la mise en œuvre de ces projets,

– La fin de la construction des barrages sur les fleuves d’Afrique et le dédommagement de toutes les populations africaines ayant souffert des projets de barrages,

– Davantage de financement pour le développement des toilettes sèches et des structures d’assainissement en Afrique.

Nous appelons les organisations et réseaux de la société civile en Afrique à s’unir pour que l’eau soit à jamais mise hors des marchés financiers et qu’elle ne soit plus source de profit « .

Et dans un autre continent, la problématique de l’eau se fait aussi sentir puisqu’en Asie, un scénario alarmiste commence à préoccuper les chancelleries. En effet selon un rapport publié par le Sénat américain,  » éviter les guerres de l’eau  » , nous pourrions avoir un conflit armé entre le Pakistan, l’Inde et la Chine avec au milieu l’Afghanistan! Vous me direz que cela ne change rien puisque cette zone est deja très instable, mais la course aux barrages hydrauliques pourrait bien attiser des tensions qui pourraient faire basculer le monde dans l’impensable ! Sans compter les rumeurs de détournement d’eau entre la Chine et l’Inde.

Il est regrettable que ce sujet ne fut pas abordé pendant la campagne – parmi tant d’autres d’ailleurs ! – alors que c’est un enjeu de ces dix prochaines années !

Amine Cassim

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