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Deux Fausses-Vraies Bonnes Propositions (2/2)

Nous évoquions lors d’un billet précédent les deux propositions populistes lancées par le candidat sortant — une dose de proportionnelle ainsi que l’utilisation du référendum sur des questions d’orientations politiques. Après avoir commenté l’idée de proportionnelle, penchons nous à présent sur le cas du référendum.

Pour ce qui concerne ce dernier, ici encore, le clin d’œil de Nicolas Sarkozy à l’extrême droite est indiscutable. Le recours au référendum est en général un exercice de démocratie particulièrement délicat — voire ici celui initié par de Gaulle, ceux de Maastricht ou bien de la constitution Européenne. Le précédent sujet apporte déjà une réponse à cette proposition puisqu’en présence d’une proportionnelle plus importante, ce recours ne serait plus aussi nécessaire, le législatif devenant plus représentatif des aspirations citoyennes.

Cet outil de démocratie direct est cependant très intéressant, mais exige à mon sens, une importante culture politique pratiquée sur de nombreuses années, voire décennies. La seule démocratie basée de manière vraiment conséquente sur ce principe reste la Suisse, un cas véritablement singulier dans le concert des nations. Pour y avoir vécu un temps, j’ai pu constater le bienfait d’une démocratie semi-directe, mais aussi les risques qu’elle présente — voire à ce sujet le référendum sur les minarets ou bien l’expulsion des criminels étrangers. C’est exactement ce risque qui se trame derrière la proposition du président sortant, voulant en faire un instrument de décision populiste sur des questions qui laisserait une minorité à la merci d’une majorité aux sentiments alimentés par une rhétorique nauséabonde — le gouvernement n’a cessé durant ces cinq années de le démontrer: débat sur l’identité nationale, propos de MM. Guaino et Guéant, etc.

Afin d’éviter ces dérives populistes rampantes derrière l’idée caressée par Nicolas Sarkozy et sa droite populaire, il serait cependant intéressant d’utiliser le référendum dans un cadre plus restreint afin d’accorder un droit de contrôlé plus direct aux citoyens sur des questions plus terre à terre. Le lieu optimal pour cela me semble être la région, dans le cadre de ses prérogatives — afin d’éviter des velléités de sécessions. Cela renforcerait tout d’abord le fédéralisme et ensuite permettrait l’apprentissage d’une culture politique par une participation plus directe dans les mécanismes de décisions politiques — orientations structurelles, culturelles, éducatives, aménagement des territoires, etc.

Ces idées sont déjà présentes dans le Parti Socialiste, et méritent une réflexion toujours plus avancée. Il est cependant nécessaire de pointer vigoureusement du doigt leur dévoiement par l’UMP et son candidat. Le Parti Socialiste n’a aucune raison de se cacher, sa réflexion à ce sujet est beaucoup plus avancée et saine.

S. Drapeau

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