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Bons baisers de Russie.

Année présidentielle aussi en Russie ou le 4 mars les électeurs seront appelés à voter pour Vladimir Poutine. A cette occasion, le futur président -les sondages et les manipulations laissent peu de place au suspense- a frappé un grand coup en annonçant un investissement massif de 23.000 mille milliards de roubles (590 Mds d’euros) sur 10 ans. Dans les nouvelles technologies? Dans les infrastructures? Niet… dans le réarmement du pays!

C’est la réponse du Kremlin au déploiement du bouclier anti missile américain en Europe, mais c’est aussi une manière pour la Russie de redevenir un grand acteur géostratégique en développant le complexe militaro industriel qui « va devenir la locomotive du développement des secteurs les plus divers de l’industrie russe ». Exit donc Dimitri Medvedev qui travaillait à un rapprochement avec l’Europe et retour à un pouvoir russe fort avec Vladimir Poutine qui exalte ainsi l’âme russe.

Et dans le même temps, le pouvoir central reprend en main l’information libre du pays puisque l’Echo de Moscou a vu son conseil d’administration renouveler à deux semaines des présidentielles, une reprise en main décidée directement par Vladimir Poutine. En effet le journal est depuis la fin des années 90 sous le contrôle de Gazprom, géant du gaz, véritable bras financier du Kremlin. Serait-ce la réponse au discours d’Hillary Clinton qui prônait un changement de régime, plus démocratique, en Russie à l’occasion de sa visite en Lituanie l’hiver dernier? Vladimir Poutine, dont on connait ses accointances avec les services secrets, ne l’aura pas supporté et puisque « il existe des tentatives d’initier des conflits aux frontières mêmes de la Russie et de ses alliés », le pays a décidé de revoir toute sa stratégie. D’autre part, son soutien aux crimes syriens (8000 morts en 1 an), et sa haine des progrès de la liberté dans les pays arabes font craindre le pire au Kremlin, à savoir la possibilité d’une contagion qui pourrait toucher le reste du pays, après quelques manifestations à Moscou il y’a 2 mois!

Et l’Europe dans tout çà? Trop absorbée par la crise financière et par ses propres divisions, c’est le silence radio! Et pourtant elle devra tôt ou tard reprendre l’initiative, en montrant qu’elle n’acceptera pas le renouveau d’une politique de grande puissance russe. Une politique de la loi du plus fort, où il ne fait désormais aucun doute que Moscou défendra ses « intérêts vitaux » en usant si besoin de la force militaire, en particulier dans ce qu’elle appelle son « étranger proche ». De même qu’elle mettra en œuvre toutes les mesures visant à neutraliser le bouclier antimissile américain en Europe, si les Etats-Unis n’apportent pas de garanties suffisantes ou refusent d’y associer la Russie.

C’est pourquoi il est urgent que l’Europe, France et Allemagne au premier chef, réaffirment leur volonté de coopérer plus étroitement avec la Russie notamment en matière de sécurité européenne. L’inaction ne fera que renforcer la Russie et entretenir cette confrontation renouvelée.

Célia Schlanser, Amine Cassim

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