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A quoi joue l’Allemagne ?

Opinion : Le 15 novembre, lors d’une séance au Bundestag, Volker Kauder, président du groupe parlementaire CDU-CSU avait l’air satisfait en affirmant que « maintenant l’Europe parle allemand »! Juste avant c’était Angela Merkel qui faisait attendre durant 2h Georges Papandréou devant son bureau lors du G20, alors que ce dernier avait osé demander un référendum bien légitime à son peuple. Je ne reviendrais pas sur l’excellent billet de Jacques Attali sur Slate.fr,-« le cinquième suicide européen »– qui pointe les manquements de l’Allemagne dans cette tragédie qu’est la gestion de la crise de la zone Euro, en demandant à ses partenaires la responsabilité mais elle oublie la solidarité!

Cette arrogance ne peut pas masquer la réalité à venir. Que croit-elle? Qu’une fois tous ses partenaires européens lessivés par les attaques des marchés, elle pourra s’en sortir seule! Que son « Sondervermögen » ou elle a logé ses actifs pourris afin que ce ne soit pas pris en compte dans le calcul du déficit public fera illusion longtemps? Sans cette filouterie, son déficit en 2009 aurait été de 5,1%, soit au même niveau que celui de la France (étude Natixis). Si l’on regarde le ratio dette sur PIB, l’Allemagne fait moins bien que nombre de pays européens. Et c’est sans compter la bombe à retardement que représente le niveau de la dette allemande (hausse de 25Mds pour 2011) alors que le déclin démographique du pays est inéluctable et va faire exploser les couts de la sécurité sociale et de l’assurance maladie! D’ailleurs, les « prêteurs » ne s’y sont pas trompés puisque le 24 novembre, l’Allemagne n’a pu écoulé qu’un peu plus de la moitié des 6Mds qu’elle voulait emprunter, soit la pire adjudication non couverte cette année!

L’Europe ne doit pas avoir peur de l’Allemagne et ne doit pas hésiter à refuser le « munich social » qui se traduira par un « munich économique » si l’austérité mise en place dans les pays du Sud perdure. En effet ce type de recette qui a fait les beaux jours du FMI dans les années 80 en Amérique Latine a eu des dégâts sociaux conséquents. D’ailleurs Paul Krugman, prix nobel d’économie, dans une tribune dans le New York Times, rejette cette idée de mourir guéri et exhorte l’Europe à maintenir son Etat providence, qui n’est pas en crise, rappelant aussi que « l’austérité a été un echec partout ou on l’a essayé ».

La gauche avec François Hollande ne doit pas courir derrière Nicolas Sarkozy qui est omnibulé par le modèle social allemand. Ce que nous devons proposer c’est un projet qu’on doit bâtir avec l’Espagne, l’Italie, la Grèce et le Portugal. C’est François Mitterrand qui a demandé à ce que ces pays soient intégrés dans la zone Euro alors que les Allemands n’en voulaient pas, les traitant de pays du Club Med! Nous avons culturellement plus en commun avec nos amis du Sud et nous nous devons de ne pas les lâcher. Il faut sortir de cette vision uniquement comptable et de temps en temps fracturer les idées reçues pour aller vers la Lumière.
Amine Cassim

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