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Camarades de classe(s)

Dans le site internet appelé à remplacer ce blog, cet article serait à ranger dans la catégorie « Débat ». Son contenu n’engage que son auteur et ne représente pas nécessairement l’opinion de la Section.

La crise financière a sur le Congrès en préparation un impact qu’on ne peut pas nier. La nécessité d’une régulation des opérations par la puissance publique, en particulier dans le secteur bancaire, est une évidence pour tous les socialistes, mais certains d’entre eux, emportés par leur élan, prônent un retour général aux nationalisations et une sortie définitive du pacte de stabilité pour faire chanter les lendemains. Concernant les limites d’un programme protectionniste et inflationniste, je vous renverrai à un article du Monde intitulé « La tentation du socialisme vintage« .

Ce qui m’intéresse davantage ici est l’appel, explicite ou implicite, au retour à la lutte contre l’économie de marché, voire à la lutte des classes. Le refrain est connu : le PS serait en crise parce qu’il aurait, à l’instar des autres partis sociaux-démocrates européens, perdu sa pureté idéologique et oublié de s’adresser aux couches populaires. Le problème est que, comme le confirme sûrement votre expérience de réunions de section, le PS n’est pas le parti des ouvriers et des employés plus que le parti d’une autre catégorie sociale : selon une enquête CSA-Le Monde, son profil sociologique épouse celui de l’ensemble de la population française. Il n’est supérieur de deux points à la moyenne nationale qu’au sein des « professions intermédiaires » et, concernant le niveau de formation, dans la catégorie des diplômés Bac+2.

Ce qui différencie le socialiste moyen du français moyen n’est donc pas son profil socio-professionnel, mais les acteurs de sa mythologie.

Son héros est le tourneur-fraiseur de Boulogne-Billancourt, mais s’il fréquentait réellement les « couches populaires », il se rendrait compte qu’elles ne sont pas automatiquement de gauche : lors de l’élection présidentielle de 2007, comme le montre cette enquête du Cevipof, N. Sarkozy dominait S. Royal au premier tour d’1% chez les ouvriers et de 8% chez les employés. Les couches populaires seraient-elles donc ennemies du progrès social ? Difficile à croire…

En réalité, nous avons perdu en 2007 par manque de crédibilité. D’abord parce que notre S. Royal, malgré de brillantes intuitions qui en faisaient sur le papier la meilleure candidate, s’est révélée une oratrice et une débatteuse de second ordre (cf., entre autres, son discours de Berlin). Ensuite et SURTOUT parce que notre programme, fourre-tout au financement improbable, n’a pas convaincu ceux qu’il visait en priorité. On se livre actuellement au PS à une course à la gauche qui ne correspond pas aux attentes du reste de la population. Il est temps de rappeler que la seule gauche de gouvernement est celle qui se donne les moyens d’être efficace et de financer ses mesures. Il est tentant de faire assaut de radicalité et de s’époumoner sur l’Internationale dans un Congrès interne, mais c’est le plus sûr moyen de perdre lors des prochaines élections nationales.

On a beaucoup glosé sur le déclin de la social-démocratie européenne et il est parfaitement légitime de s’interroger sur le renouvellement de son corpus idéologique, mais il faut rappeler que le PCF, lui, est resté fidèle à son passé. Or, sur le plan national, il n’a pas connu un déclin. Il a connu une faillite.

L.F.

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