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Pour quelques sénateurs de plus…

En ce dimanche 21 septembre, le Parti Socialiste et la gauche ont failli enregistré un résultat historique à l’étranger lors du renouvellement d’un tiers des sénateurs, dont 4 sénateurs des Français de l’étranger. Et la gauche espérait conquérir autant de sièges que la droite, soit 2, en les personnes de Claudine Lepage et Jean-Yves Leconte, de Munich et Varsovie, respectivement. Finalement, seul la première a pu se faire élire, à trois voix près.

Pourtant, même si ces trois voix avaient atterri dans notre panier, j’aurai eu du mal à me réjouir, ces sénatoriales me paraissant être un tel cirque…

Inutile de préciser que ce texte n’engage que son auteur et pas la section de Berlin…

Tout d’abord, depuis la réforme adoptée en 2004 du mode d’élection des sénateurs, certaines choses vont dans le bon sens : l’âge minimal a été abaissé à 30 ans et les sénateurs seront élus pour six ans, l’Assemblée devant être renouvelée par moitié tous les trois ans. Il s’agira donc du dernier renouvellement par tiers.

  • Résultat détaillé à l’étranger

inscrits  : 153
votants : 152
blancs ou nuls : 1
exprimés : 151

  • liste PS avec le soutien de FdM-ADFE ( liste Claudine Lepage ) :  47 voix 1 élue
  • liste UMP  conduite par Robert Denis Del Picchia, sénateur sortant  :   36 voix 1 élu
  • liste UMP  conduite par André Ferrand, sénateur sortant :  27 voix 1 élu
  • liste UMP  conduite par Christophe Frassa , circonscription de Monaco : 25 voix 1 élu
  • liste UMP  conduite par Dominique Paillé  : 16 voix
  • L’élection à l’étranger

Le dernier découpage par tiers aurait pu permettre à la gauche de faire une belle performance, ou plutôt à la droite une bien mauvaise. La prochaine élection d’un plus grand nombre de sénateurs à chaque élection devrait pousser les candidats à la création de listes d’union, car 2, 3 voire 4 postes seraient éligibles. Lorsqu’il n’y en a que 4, c’est plutôt 1 ou 2. La droite ayant tellement dominé par le passé, se permettant de présenter 3 listes dissidentes à chaque fois et de les faire élire avec succès, n’a pas vu la progression de la gauche, qui possède dorénavant 51 des 153 conseillers amenés à voter pour les sénateurs. Et la gauche s’est présentée unie !

Le cirque vient donc de la droite, pourquoi généraliser bêtement, me dira-t-on… Oui mais voilà, moi ça me choque que seulement 153 personnes élues au suffrage universel direct, siégeant avec 16 personnalités choisies par le Ministère des Affaire étrangères, élisent les 12 sénateurs représentants les 2,3 millions de Français établis à l’étranger.

Chaque conseiller à l’AFE connaît à peu près le CV complet de tous les autres conseillers, les contacts des autres conseillers, leurs parcours en détails, etc… Lors d’un vote, il est possible de savoir qui a voté pour et contre quoi ! Où est la démocratie ???

Conséquence logique, les 4 personnes sur 51 du groupe ADFE qui n’ont pas voté pour notre liste et empêché l’élection de Jean-Yves Leconte au détriment d’un monégasque au CV impressionnant (voire la deuxième source en bas), ne vont pas tarder à être identifiées. Quelles ont été leurs motivations ? Difficile de le savoir, mais lorsqu’une élection se joue à quelques voix près, une personne bénéficiant du soutien d’un grand groupe hôtelier doit avoir quelques arguments à proposer à quelques personnes pour s’assurer de bénéficier des émoluments suivants. Il est vrai que la seule alternative sur Monaco était le candidat officiel, un ancien ministre ayant obtenu un bon pour placard doré.

  • Ce qu’il en coûte

Alors félicitations à Claudine pour ton élection, on ne regrettera pas Paulette Brisepierre, « une jeunette de 91 ans », UMP, qui après 20 ans, a dédaigné laisser sa place. Plus que les mots, les privilèges qui t’attendent ne peuvent laisser personne insensible : une indemnité parlementaire de base (5423,33 euros bruts mensuels), une indemnité de résidence (3% de la précédente), une indemnité parlementaire de fonction(1397,54 euros brut mensuels), une indemnité de matériel informatique, l’indemnité représentative de frais de mandat (6567,04 euros bruts mensuels pour des dépenses classées frais divers), etc. Au final, ce sont 11540 euros nets d’indemnité, dont la moitié seulement est imposable, qui sont en vue. Avec en plus, le coiffeur, la blanchisserie, l’ébéniste, les cours de tennis… Petit extrait vidéo :

Le train de vie au Sénat

A l’heure où tout le monde devrait se serrer la ceinture, car l’économie française n’est pas florissante (merci Chirac, Villepin, Sarkozy et consors…), une telle débauche budgétaire fait quand même un peu tâche. Les salaires des employés du Palais Bourbon démarrent à 3200 euros mensuels, y compris pour les femmes de ménage, les jardiniers disposent de « prime de nuit », etc…

Comme si le train de vie de ses 331 sénateurs ne suffisait pas, 12 nouveaux postes ont été créé pour ces élections. Et 5 autres le seront dans 3 ans ! Parmi eux, les îles de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin, anciennement intégrées au département d’outre-mer « Îles de la Guadeloupe », deviennent des collectivités d’outre-mer et auront chacune un sénateur, pour respectivement 8500 et 31500 jet-setteurs habitants (NB : les sénateurs de métropole représentent en moyenne 180 000 habitants) . Inutile de chercher à évaluer les chances de la gauche dans ces îles… ni d’espérer une future alternance au Sénat !

  • Les bons points pour le PS

Le gain de 21 sièges par le Parti Socialiste, se retrouvera dans les finances du Parti Socialiste, ainsi que dans celles de notre Fédération, car le versement d’une partie de leurs indemnités d’élus y contribue de manière signifiante. C’est donc un bon point pour nous tous et notre capacité d’action dans le futur.

Ce recul de la droite va l’obliger à réellement pousser ses projets avec le centre. Même si c’est improbable, une alliance de toute la gauche et du centre pourrait mettre la droite en minorité. Personne ne s’en plaindra.

Avec 4 sénateurs sur 12 de gauche représentant des Français de l’étranger, peut-être que les Français, les médias et notre propre parti auraient cessé de dire que les Français de l’étranger votent tous à droite, avec trois c’est moins sûr… Rappel : Ségolène Royal a fait 46% à l’étranger contre 47% en France en 2007 et exemples :  Rue89, LePost.

  •  L’avenir

L’élection des sénateurs des Français de l’étranger continuera à rester une affaire de famille, quasi-secrète, où la gauche fait néanmoins bonne figure, face au spectacle offert par la droite : sénateurs du 4ème âge (peut-être bien dans leur tête, mais dans l’impossibilité de parcourir le monde comme le demande le poste), clientélisme, poids d’un grand groupe hôtelier…

A l’échelon national, même si les nouvelles créations de poste ne manqueront pas de renforcer la droite et que l’alternance n’est pas en vue, le renouvellement imposé par les critiques des Français à l’égard du Sénat ont poussé les partis politiques les plus courageux à mettre en avant des femmes, des jeunes et des personnes issues de l’immigration : Alima Boumedienne (Verts), Bariza Khiari (PS) et Samia Ghali (PS).

On peut tirer deux enseignements de cet état de fait. La droite ne fait rien pour les minorités visibles et à peine plus pour les femmes, lorsque ce n’est justement ni »visible » ni imposé. La gauche essaie de changer son image, notamment au Sénat, mais elle y semble plus prête lorsqu’il s’agit d’une élection au suffrage indirect que lors d’une élection au suffrage universel direct.

  • Pourquoi cet article

Alors que c’est un jour de (silencieuse) victoire et que ces attaques contre le Sénat et les sénateurs s’intensifient et sont dans l’air du temps, principalement suite à la sortie du livre de Yvan Stefanovitch intitulé « Le Sénat, enquête sur les super-privilégiés de la République », on peut se demander le pourquoi de cet article. Je suis pour l’existence du Sénat, qui pourrait être un contrepoids à l’Assemblée Nationale, avoir une fonction de contrôle du gouvernement et contrer les lois « bling-bling » et « enfant gâté » que veut imposer l’actuel président. Hélas, puisque les bancs du Sénat sont souvent très clairsemés, cela relève un peu trop de l’utopie. Absentéisme et cumuls en tout genre y sont monnaie courante, à droite comme à gauche.

De plus, avec le découpage actuel des circonscriptions et la constitution actuelle du collège des grands électeurs, toute perspective d’alternance politique est proscrite. De plus, avec de tels avantages notamment financiers, même une alternance interne, un renouvellement de sénateurs UMP par d’autres sénateurs UMP plus représentatifs de la population française, reste également un rêve. Et à l’instar du vote étrange de 4 judas des membres de l’AFE élus au nom de la gauche, ces avantages conséquents ne peuvent que renforcer les suspicions sur un clientélisme aggravé.

C’est donc en démocrate déçu que j’ai écrit cet article. Peut-être ai-je simplement la politique dans la peau ?

Sources : LeMonde, Bakchich (étranger), Bakchich (privilèges)

Rmatt

PS : Cette journée électorale était à suivre depuis le monde entier sur la chaîne Public-Sénat par Internet. Il y a plusieurs vidéos accessibles à toutes et à tous sur ce même site. Voici celle sur les sénateurs de l’étranger :
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3 commentaires

  1. par Mary Ren - 22 septembre 2008 à 13 h 19 min

    Bonjour,
    savez-vous quelles ont été les voix en « faveur » de notre « ami » Paul Clave?
    Il disait être sûr de prendre la succession de Madame Brisepierre (:-)
    Bonne journée

  2. par berlin - 22 septembre 2008 à 13 h 27 min

    Paul Clave n’ayant même pas été réélu Conseiller des Français de l’Etranger lors de la dernière élection en 2007, il ne risquait pas d’être ne serait-ce que candidat !!!

    En fait, M. Clave a précédé Mme Brisepierre… au niveau de l’enterrement politique

  3. Ping : Section PS de Berlin : Compte-rendu de la réunion de section du 14 octobre 2008 (débat sur les motions) › sur http://berlin.parti-socialiste.fr

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