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IL N'EST PLUS TEMPS

Jeudi matin, tout fier de notre vote berlinois, et tout naïf encore de penser avec gourmandise au deuxième tour, j’ouvre le Handelsblatt, quotidien que certains d’entre vous nomeront « libéral », d’autres simplement « de référence pour le milieu des affaires ».

En page 2, une interview d’Arnaud Montebourg, qui parle au nom (il est effectivement porte-parole) de Royal, notre candidate à tous. (cf. ci-dessous traduction de moi)

Je ne savais pas que le programme ultranoniste d’Arnaud Montebourg était devenu le programme européen de Mme Royal. A le veille de l’élection, ce n’était pas le mien. Aujourd’hui où elle est notre candidate à tous, une clarification s’impose, d’urgence.

En effet ce programme tel qu’il est présenté en notre nom çà tous dans l’interview fait preuve d’une ignorance profonde des sensibilités allemandes vis-à-vis du fonctionnement de l’Eurozone, et transpire une arrogance qui est en passe de devenir la marque de notre pays en Europe (de quel droit pourrait-on enjoindre à la présidence allemande de l’Union de s’occuper d’organiser une gouvernance de la zone euro: pour qui nous prendrions-nous donc?)

Alors que l’agenda britannique avance à grande vitesse dans l’Union, il est temps d’avoir un cap.

L’ « Europe par la preuve » consiste-t-elle à proférer de telles propos dans la presse allemande ? L’effet est désastreux car ces propos ne peuvent être compris que comme des provocations (surtout dans le HB… si au moins AM avait donné une interview à la taz !). Il s’agit là d’un comportement irresponsable pour un porte parole de notre candidate à tous.

Ne l’oublions pas, au dela des méandres (Stichwort « Synthèse ») du Mans, du Projet, de la Campagne et des Candidats, le 29 mai 2005 reste bien là comme une gerçure en travers de notre parti; et faire l’unité des socialistes, c’est rassembler les anciens partisans et opposants au traité…

Un chose est claire, on peut sacrifier tout un tas de convictions sur l’autel du parti car l’action collective est une force précieuse. Mais enfin il y a des limites, et la pérennité du projet européen en est une pour moi.

Après le 29 mai, il est temps de reconstruire, il n’est plus temps de continuer à casser.

Je compte pour ma part écouter très précisément ce que Royal compte dire à Merkel au conseil européen de juin 2007. Lors du débat n°3, il était difficile de se faire une idée. J’espère que j’aurai réussi à m’en faire une avant l’élection !

[Samuel m’enjoint ce soir de préciser ma pensée: je pense que les positions sur la stratégie de relance/non-relance européenne de notre candidate pourraient pour moi constituer un problème rédhibitoire si elles étaient celles proposées par AM. Paradoxalement, s’il y avait un sujet sur lequel je ne doutais pas de la candidate Royal, c’est bien l’authenticité de son engagement européen. J’espère qu’elle saura remettre de l’ordre dans ses troupes et m’oter ce doute très désagréable. Je maintiens que la fracture du 29 mai 2005 n’a pas disparu, malgré nos espoir et nos simagrées. Je maintiens qu’il y a des lignes rouges à ne pas dépasser, même pour battre Sarko: par exemple mettre en danger l’Eurozone. La droite prend déjà des positions très difficiles, n’en rajoutons pas.]
FDL

Q: Peut-on encore sauver le TCE si Mme Royal est élue ?
R: Non, le vote négatif des F et des H garde sa valeur. SR a par conséquent déclaré le TCE caduque.

Q: Quel est alors l’avenir de l’Europe ?
R: La réforme des institutions de l’UE est bien évidemment nécessaire, mais elle ne constitue pas pour nous une priorité. Nous devons avant tout repenser la politique européenne de fond en comble, et avant tout dans la zone euro. Nous avons besoin d’une réforme des politiques monétaires et budgétaire européennes, et nous devons faire plus au niveau européen contre le chômage et les délocalisations.

Q: Revenez-vous donc à la vieille proposition française d’un gouvernement économique ?
R: Oui, le gouvernement économique est pour nous une priorité. La présidence allemande de l’Union devrait s’en occuper.

Q: Qu’est-ce que cela signifie pour les statuts de la BCE ?
R: Ce dossier doit revenir sur la table, aussi en raison des mauvaises performances économiques de la zone euro. Il est nécessaire de contrôler politiquement les taux. Le pdt des Us parle aussi quotidiennement avec le pdt de la Fed. L’Europe a besoin d’un policy mix de ce type. Politique économique et politique monétaire doivent aller de pair.

Q: Exigez-vous également une réforme du PSC ?

R: Il faut assouplir le pacte. Les investissement dans l’avenir doivent être exclus du calcul du déficit.

Q: Voulez-vous aussi modifier la politique commerciale de l’UE ?
R: L’UE doit mettre en place une préférence communautaire. Nous avons besoin de protection face aux excès de la mondialisation, au duming social et environnemental. L’Europe donne aujourd’hui l’impression de ne plus défendre que les intérêts de la Finance et des actionnaires. Nous voulons une Euroe pour les citoyens et les salariés.

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