Soutenez le PS

Adhérez au PS

Anna Politkowskaja assassinée

Anna Politkowskaja assassinée, c’est la liberté de la presse qui est à genoux dans la Russie de Poutine, celle-là même dont un certain Chirac et un certain Schröder disaient qu’elle était un exemple de démocratie. Nous ne pouvons être indifférents à cette tragédie.

Comme berlinois, nous savons ce que la Russie peut apporter de richesse comme de menaces.

Comme socialistes, nous sommes attachés à la liberté d’expression et de la presse comme piliers d’une société d’individus libre et d’une démocratie efficace.

Comme européens, nous savons que nous sommes condamnés à travailler dans la mondialisation avec la Russie; et nous savons que si la Russie revenue à ses vieux démons sera un handicap pour le continent, une Russie libre et prospère pourrait être un allié décisif dans la lutte mondiale pour la prospérité qui s’annonce.

Enfin comme français, nous voyons peut-être aujourd’hui les limites d’une aspiration à la grandeur qui repose sur l’appel à un monde « multipolaire » à tout prix, quels que soient ces pôles…

Anna Politkowkaja avait vu et montré à quel point le conflit tchétchène constitue un cancer pour la société russe non seulement à Grosny, Wladikavkaz et Nazran mais aussi Moscou et Saint-Petersbourg. Elle avait dénoncé la façon dont ce conflit enkysté au sud de la Fédération diffusait un potentiel de brutalité et de xénophobie jusqu’à la Mer Blanche. Elle avait mis en évidence la complicité du Kremlin dans cette évolution et annoncé les jours difficiles que traverse la liberté d’expression en Russie aujourd’hui, malgré la douce anésthésie des gazo-euros.

Anna Politkowskaja est morte, et les hommes et les femmes libres de Russie ont ce soir un peu plus peur qu’hier.

Anna Politkowskaja a été peut-être assassinée par des « terroristes tchétchènes » ou par des hommes du FSB, voire par les deux, on ne le saura peut-être jamais.

Anna Politkowskaja a été sûrement assassinée par l’atmosphère qui règne aujourd’hui dans la Russie de Poutine, où des Caucasiens et des « Noirs » sont attaqués et parfois tués en pleine rue, où des livres sont brûlés devant le Bolchoi et où des homosexuels sont molestés devant ce qui reste du Manège. Et où la police et la justice s’en moque.

Anna Politkowskaja a aussi probablement été tuée par le silence de notre Europe, depuis plus de 10 ans, sur la politique du Kremlin au Caucase du Nord. Trop occupés que nous sommes à chauffer les terrasses des café berlinois et parisiens en plein hiver avec du Gaz de chez Gazprom.

FDL , Berlin, Paris… et Moscou.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.